" Pour liquider un peuple, oncommence par lui enlever la mémoire"
Milan Kundera, Le livre du rire et de l'oubli.
Le premier éditorial de la revue Passerelles en 1990 commençait ainsi:
"Une passerelle invite à un changement d'état. Par elle, nous embarquons vers des temps nouveaux.(...). Passerelles se voudrait l'écho de ce nouveau concert d'échanges entre les cultures.
Car en passant de l'une à l'autre, on ne se contente pas d'apprendre l'Autre, de mieux dialoguer avec lui: on s'oblige aussi à modifier son propre regard, on découvre que mieux penser, c'est déplacer son regard...".
Comme il semble encore bien long et sinueux le chemin menant à l'harmonisation entre les peuples et à l'acceptation même du métissage dans tous les civilisations!
Les évènements récents aux frontières de l'Europe et dans le reste du monde le démontrent chaque jour et nous invitent à poursuivre plus que jamais cette pratique de la découverte, du débat et de l'échange. C'est ce que nous avons voulu faire avec le numéro 24 de Passerelles qui consacre la totalité de ses pages à la culture amazighe, c'est à dire berbère. En passe d'être reconnue (dans le cadre de la charte européenne des langues régionales ou minoritaires) comme "langue de France" et donc d'être pratiquée sur le térritoire français au même titre que d'autre, tamazight, la langue berbère, n'est toujours pas enseignée en Algérie, où elle est victime, pour reprendre les termes d'Augustin Barbara, d'un "lent linguacide".Une interogation, toutefois, demeure : quel avenir pour le berbère? Ne pourrait-on enfin envisager un Etat-nation pluriel, riche de plusieurs identités propres? Doit-on encore parler de langues "minorisées", de peuples "minoritaires", de langues dominée/langue diminante"?
Pour tenter d'y répondre, Passerelles vous invite à assister et à participer à trois interventions organisées dans le cadre d'une conférence débat ayant pour toile de fond la culture berbère. Salem CHAKER nous parlera des menaces et difficultés objectives qui pèsent sur tamazight, ici et la-bas et les incertitudes de son devenir.
S'appuyant sur un film retraçant la vie et l'oeuvre de Germaine Tillon, Augustin BARBARA nous parlera de la Kabylie. Salma BOUKIR, résident actuellement à Paris, évoquera avec ferveur, ses espoirs et son combat de militante.